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DISCO

LA CAVALE - LP (2015)

1. L'éternité
2. Etre là
3. Devenir Fou
4. Nuit de fête
5. Danser
6. Le vent
7. A cet endroit
8. Le chaos
9. A toi
10. Par ta bouche
11. La cavale


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L'HIVER ET LA JOIE - LP (2013)

1. On ne meurt plus d’amour
2. Où suis-je
3. Tout ce temps
4. Je te tue
5. Ma route
6. Demain
7. Le monstre
8. Il se noie
9. Belle et bien
10. Cherche avec moi
11. Ou pour toujours

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ROBI - EP (2011)

1. Je te tue
2. Oh chéri chéri
3. C’est bon où ça fait mal
4. Africaine
5. Les fleurs
6. Ta peur

ÉPUISÉ

VIDÉOS

BIO

ROBI « LA CAVALE »

S’il fallait absolument, en guise de préambule, résumer Robi en un seul mot, celui de “magnétique” s’imposerait, soit, selon la définition littérale, “un phénomène physique par lequel se manifestent des forces électriques en mouvement”. Comme des pôles s’attirent ou se repoussent, sa musique équilibriste incarne la plus assumée des ambivalences.

Robi livre aujourd'hui son deuxième album, La Cavale, écrit et composé pour la première fois entièrement seule. Ce nouvel opus, tout en contraste et d'une noire incandescence, s’impose comme la suite logique et audacieuse de son premier album L'Hiver et la Joie qui, faut-il le rappeler, la révéla grâce à quelques envolées pop moderne (On ne meurt plus d'Amour, Où suis-je, Je te tue), un duo mémorable avec Dominique A (Ma Route) ou une reprise très remarquée de Trisomie 21. Si Robi se tient effectivement à l’écart des murs épais des traditions d'une chanson française assoupie, elle est tout sauf isolée. Il suffit, pour s’en convaincre, de se pencher sur ses collaborations avec Dominique A ou Jean-Louis Murat – certainement les langues les plus libres d’aujourd'hui – la brillante Katel à la co-réalisation, ou ses accointances avec Maissiat, Arman Méliès ou Radio Elvis, préparant avec ce dernier une création en duo pour une poétique fusion de leurs répertoires. Robi est en marche, toujours en partance, La Cavale donc…

Saisissante entrée en matière, L’Eternité donne le ton (“tout s’écroulait, tout s’effondrait sous mes pas, plus rien n’existait, le passé ne me survivrait pas”) et jette des ponts entre l’after punk et la langue française la plus sinueuse (Alain Bashung, Noir Désir). Voix crue, vérité sans fard, choc frontal. “Ce disque est plus assumé, plus nu aussi, comme un aveu d’être”, nous confie-t-elle. Nous voilà prévenus, La Cavale ne s’écoutera pas d'une oreille distraite. Emmené par un enchevêtrement de guitare, de basse et de clavier digne de feu Joy Division, Love Will Tear Us Apart en tête, toute notion de temps évanouie, l’abandon peut commencer. Et quiconque a un jour assisté à l’un de ses concerts, ou simplement posé l’un de ses disques sur sa platine, comprendra : Robi ne joue pas, elle vit, passionnément, de tout son être, sans retenue. Plus le propos se fait aride, plus le chant semble charnel, et lorsqu’une boucle martiale survient, aussitôt un clavier vintage délivre toute sa chaleur à l’ensemble.

Il s'agit dès lors d'Etre là, suspendus à cette voix grandie en terre africaine, revenue de rien et qui n’a de cesse de chanter l’instant. Cette lancinance vaudou en est la parfaite illustration, entre guitare cubiste et batterie menée aux balais, d’un minimalisme cher à Timber Timbre. Et s’il y a un risque de Devenir Fou, alors que ce soit d'amour pour cette écriture belle, noire et claire comme la danse du Sabbath. Avec Nuit de Fête et son synthétiseur qui chemine en spirales, la transe est proche, qui nous verra Danser la danse de vivre, au chavirant mélange d’analogique et de synthétique où Robi semble trouver sa propre harmonie. “Mettre en balance le chaud et le froid. Il n’y a pas de recette pour ça, c’est évidemment très empirique et subjectif. J’en ai été habitée pendant toute l’écriture, la composition et les arrangements de l’album”. Merveille inquiète, Le Vent s’accroche jusqu'au jusqu’au dernier souffle à l’unique liberté d’être soi et, dans ses manières de Metronomy, A cet Endroit s’envole. S’ensuit un triptyque digne de l’outre-noir inventé par Pierre Soulages pour se jouer de la lumière : Le Chaos, A Toi, Par Ta Bouche. Démesure affective sur fonds de cordes imaginaires – Robi semble en référer à L'Imprudence, la grande œuvre de Bashung –, ces trois facettes d’une même fracture évoquent également Portishead ou Young Marble Giant – mais mémoire et fuite du temps... Comment ne pas songer aussi à Bertrand Belin, dont la batteuse apporte ici quelques belles envolées rythmiques ? “Il y a quelque chose de très climatique, presque cinématographique dans cet album”, dont la chanson titre, La Cavale, conclut le voyage à la façon d’une course frénétique, sur fonds de choeurs que l’on jurerait échappés de Rosemary's Baby.

Jamais freinée par les références qu'on lui prête, Robi s’est simplement évadée sous nos yeux...
Et rarement aura-t-on entendu de ce côté ci de la Manche et de l'Atlantique telle volonté d'aller à l’essentiel, de se départir du superflu.

LAURÉATE DU PRIX GEORGES MOUSTAKI 2014